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Le Monde selon Joseph Conrad (Maya Jasanoff)

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  Le Monde selon Joseph Conrad , disponible à la bibliothèque municipale de Saint-Cyr, est la traduction de The dawn watch, Joseph Conrad in a global world publié en 2017 par Maya Jasanoff, professeur d'histoire contemporaine à Harvard.  Ce livre est étonnant par la multiplicité de ses aspects : grâce à une recherche patiente et extrêmement argumentée (l'apparat critique fait une centaine de pages !), Maya Jasanoff éclaire dans le détail la genèse des principaux ouvrages de Conrad, personnage exceptionnel s'il en fut : Jozef Teodor Konrad Korzeniowski, né en Ukraine de nobles polonais écrasés par l'oppression russe, exilé en France après la mort de ses parents, devenu officier de marine britannique puis romancier écrivant en anglais, langue apprise à l'âge adulte, après le polonais de son enfance puis le français de sa jeunesse. A la fin de sa vie, il était aussi admiré que Rudyard Kipling, le chantre officiel de l'Empire britannique. Les oeuvres de Conrad sont...

Flaubert (Michel Winock), Voyager au XIX°

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Comment voyager au XIX° siècle : le voyage en Orient de Flaubert  et Maxime du Camp ( d’après l’ouvrage de l’historien Michel Winock : Flaubert, folio Gallimard , 2013 , chapitres VIII et IX) «  Je rêvais de lointains voyages dans les contrées du Sud; je voyais l’Orient et ses sables immenses, ses palais que foulent les chameaux avec leurs clochettes d’airain; je voyais les cavales bondir vers l’horizon rougi par le soleil; je voyais des vagues bleues , un ciel pur,un sable d’argent;je sentais le parfum de ses océans tièdes du midi;et puis, près de moi,sous une tente à l’ombre d’un aloès aux larges feuilles quelque femme à la peau brune, au regard ardent,qui m’entourait de ses deux bras et me parlait la langue des houris.» Flaubert écrit ce texte en 1839; la génération romantique est fascinée par l’Orient ; dans le Cahier intime de 1840- 1841, il écrit encore : " me...

La panthère des neiges (Sylvain Tesson)

  Sylvain Tesson , né en 1972 à Paris, est un écrivain voyageur. Géographe de formation, il choisit très jeune de faire des voyages et des expéditions dans des conditions souvent extrêmes (traversées de continents à vélo ou à pied) dont il rapporte des carnets ou des films. Auteur de récits de voyage et de livres de réflexion, il est lauréat de nombreux prix littéraires dont le prix Goncourt de la nouvelle en 2009 avec Une vie à coucher dehors  et le prix Médicis essai en 2011 pour Dans les forêts de Sibérie . La panthère des neiges  a reçu le prix Renaudot en 2019. «– Tesson ! Je poursuis une bête depuis six ans, dit Munier. Elle se cache sur les plateaux du Tibet. J'y retourne cet hiver, je t'emmène. – Qui est-ce ? – La panthère des neiges. Une ombre magique! – Je pensais qu'elle avait disparu, dis-je. – C'est ce qu'elle fait croire.»  Telle est la quatrième de couverture  de c et ouvrage. L'auteur accompagne le photographe animalier Vincent Munier...

Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit (Jean d'Ormesson)

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  Extrait du chapitre premier Où l'auteur s'inquiète brièvement du sort d'un genre littéraire si longtemps triomphant et où il entre avec audace dans le cœur du sujet. Vous savez quoi ? Tout change. Le climat, à ce qu'on dit. Ou la taille des jeunes gens. Les régimes, les frontières, les monnaies, les vêtements, les idées et les mœurs. Une rumeur court : le livre se meurt. Voilà près de trois mille ans que les livres nous font vivre. Il paraît que c'est fini. Il va y avoir autre chose. Des machines. Ou peut-être rien du tout. Et le roman ? Il paraît que le roman est déjà mort.  (...) Voici pourtant encore un livre, quelle audace ! voici encore un roman - ou quelque chose, vous savez bien, qui ressemble à un roman : des histoires, quelques délires, pas de descriptions grâce à Dieu, un peu de théâtre, pourquoi pas ? et les souvenirs, épars et ramassés pêle-mêle, d'une vie qui s'achève et d'un monde évanoui. Peut-être ce fatras parviendra-t-il, malgré tout,...